TCA : 4 clés pour enfin s’en libérer !

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont un sujet très complexe et ils sont souvent le symptôme d’un mal-être plus profond. Il n’y a pas une seule façon d’en guérir et chacun.e devra cheminer sur sa propre voie vers la liberté.

Ayant souffert de ces troubles pendant de nombreuses années, je souhaite vous proposer dans cet article 4 clés pour vous aider à vous en libérer. Mais,avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous raconter mon histoire pour vous démontrer qu’il est possible de « revivre » après les TCA.

Mon parcours

A l’adolescence, suite à une grosse déception amoureuse, je développe une relation malsaine avec la nourriture. Celle-ci devient mon « doudou », ma façon de me réconforter et de m’apaiser. Je commence à manger en cachette, puis à compenser mes excès en me privant par la suite. Après cela, j’enchaîne différents régimes (au total, j’en ai essayé plus d’une douzaine !). 

Les cycles de restriction → frustration → compulsions se succèdent et me voilà emprisonnée dans ce cercle vicieux !

Je passe de périodes d’hyperphagie boulimique à des périodes d’orthorexie(contrôle excessif de tout ce que l’on mange). Je ressens le besoin de contrôler tout ce que je mange (et même ce que les membres de ma famille mangent !). Je deviens extrémiste et pense tout savoir à propos de la nutrition. Malheureusement, plus j’en sais et plus mon rapport à l’alimentation devient conflictuel. Manger sain devient une obsession pour moi, cela devient invivable. 

Heureusement, petit à petit je prends conscience que j’ai besoin d’aide, alors je commence un travail de fond sur moi-même avec l’aide de personnes de confiance. 

Aujourd’hui, ma relation à l’alimentation est restaurée et je continue à apprendre chaque jour à mieux reconnaître mes besoins et à y répondre de la manière la plus appropriée. La nourriture a repris sa place et n’est plus une obsession quotidienne. Cela m’a permis de commencer de nouveaux projets et de gagner en sérénité !

Je suis maintenant heureuse de pouvoir aider les personnes qui ont des troubles du comportement alimentaire à s’en sortir.

Je vous propose à présent de découvrir les 4 clés qui m’ont permis de m’en libérer.

Première clé : oser !

Oser quoi ? En parler ! Pas forcément à tout le monde et à tout bout de champ, mais se tourner vers un.e spécialiste des TCA (psychologue, diététicien, nutritionniste,…) pour être sûr.e que cette personne sera capable de bien vous conseiller. Si le thérapeute n’est pas formé dans les TCA, il pourrait faire plus de mal que de bien ! Vous pouvez également en parler à une personne de confiance qui pourra déjà vous apporter son écoute et son soutien.

C’est loin d’être une étape facile… Il m’a fallu des années pour arriver à franchir le cap et en parler à une personne de confiance de mon entourage. Et, à partir de là, j’ai pu commencer le processus de guérison (qui a été très long et qui, d’ailleurs, est toujours en cours dans certains domaines !).

Au moment où j’ai décidé d’en parler, j’ai également trouvé un groupe de soutien sur les réseaux sociaux, où j’ai pu me rendre compte que je n’étais pas seule au monde ! Ce sentiment était tellement incroyable ! J’ai rencontré d’autres femmes qui avaient les mêmes luttes que moi et cela a enlevé un poids de culpabilité de mes épaules. Non, je n’étais pas folle… Oui, d’autres femmes vivaient les mêmes difficultés que moi et, ensemble, nous nous serrions les coudes !

Voilà pourquoi je vous conseille de ne pas rester dans votre coin à vous morfondre. Si vous avez une mauvaise relation avec votre alimentation, vous n’êtes pas un cas isolé et encore moins désespéré ! Rejoignez un groupe de soutien et vous pourrez commencer cette démarche de restauration.

Deuxième clé : « diet culture », où te caches-tu ?

Connaissez-vous la « diet culture » ? Il y a fort à parier que oui ! Et pour cause : vous baignez dedans depuis votre plus tendre enfance ! La culture des régimes, c’est cette omniprésence de l’injonction à être/devenir (plus) mince dans notre société. Celle-ci nous pousse à rejeter chaque partie de notre corps qui n’est pas (ou ne nous semble pas) en adéquation avec le modèle du « corps parfait ». Il s’ensuit une insatisfaction corporelle, voire parfois un dégoût envers notre propre corps qui va nous pousser à essayer de maigrir à tout prix et donc à rester dans le cercle vicieux décrit auparavant, à savoir :

Les restrictions induites par les régimes envoient à votre cerveau un message clair : « SOS ».Les restrictions, physiques comme dans le cas d’un régime ou, plus subtiles, mentales, c’est-à-dire lorsque vous culpabilisez par exemple, sont perçues par votre corps comme un danger, une menace. Celui-ci va donc tout faire pour vous sauver la vie en vous poussant à manger au-delà de votre faim pour compenser ce qu’il vit comme une « famine ». Votre corps n’agit pas contre vous, il est de votre côté !

Pour vous soustraire à cette culture des régimes, faites bien attention à vos influences ! Que ce soit au niveau des réseaux sociaux ou dans les médias, soyez attentif.ves à ce qui vous est transmis et n’hésitez pas à vous couper de ces sources si vous remarquez qu’elles contribuent à augmenter votre sentiment d’insatisfaction corporelle.

Troisième clé : mon corps, cet inconnu…

Cette clé regroupe un ensemble d’actions possibles afin de se reconnecter avec son corps.

Lors de mes crises de boulimie et d’hyperphagie, je ne ressentais plus la satiété. C’était comme si je me déconnectais tellement de mon corps que j’étais incapable d’écouter les sensations qu’il m’envoyait. Par conséquent, j’avalais une quantité astronomique d’aliments sans me rendre compte que mon ventre était déjà bien trop rempli ! Evidemment, cela n’était pas sans conséquences et lorsqu’enfin, la crise se terminait, au-delà d’un inconfort physique indescriptible, je ne ressentais plus que la honte, la culpabilité et le dégoût de moi-même… Cette description vous est-elle familière ? Si c’est le cas, je vous comprends. Vraiment !

A force de vous déconnecter de votre corps, vous ne savez peut-être plus comment faire pour réapprendre à l’écouter. Voici donc quelques pistes pour vous aider dans cette démarche :

  • faire une activité physique qui vous plaît
  • porter des vêtements dans lesquels vous vous sentez bien (même si cela implique de changer de taille pour aller vers une taille plus grande !)
  • pratiquer la méditation (pas besoin de grand-chose, juste de se poser un instant et de s’écouter vivre depuis l’intérieur…)
  • s’offrir un massage, un soin du corps chez l’esthéticienne ou aller chez le coiffeur
  • apprendre la respiration abdominale et la pratiquer au quotidien
  • prendre le temps de manger et de savourerun repas 

Quatrième clé : à la rencontre des émotions

C’est assez répandu de nos jours d’entendre dire que l’on « mange ses émotions ». Certaines personnes mangent quand elles se sentent seules, tristes ou découragées. Ou bien lorsqu’elles sont fâchées ou contrariées. Cela peut arriver à tout le monde d’utiliser la nourriture comme un petit remontant ou une source de réconfort après une dure journée, ce n’est pas un problème si l’on a d’autres manières d’accueillir ses émotions. 

Malheureusement, il peut arriver que l’on ne puisse tolérer les émotions et leurs sensations physiques désagréables qu’en ayant recours à « l’alimentation de consolation ». Et,dans ce cas, cela peut poser problème puisqu’à force de régir ainsion a besoin de toujours plus d’aliments pour se sentir apaisée et notre corps finit par recevoir des quantités trop importantes d’aliments dont il n’a pas forcément besoin…

On parle souvent d’apprendre à gérer ses émotions. Comme si celles-ci étaient un compte en banque ou un budget à gérer… C’est loin d’être une comparaison pertinente ! Les émotions sont comme un invité inattendu qui frappe à la porte avec un message à nous transmettre. Elles nous renseignent sur nos besoins insatisfaits, sur des limites que nous avions fixées et qui ont été franchies par notre entourage… Nous avons donc besoin d’apprendre à opter pour une autre posture vis-à-vis des émotions désagréables.

Voici un petit exemple concret :

Vous vous sentez en colère. Au lieu de vous jeter sur un paquet de biscuits, asseyez-vous 2 minutes et posez-vous ces questions :

  • Pourquoi suis-je en colère ?
  • De quoi ai-je besoin ?
  • Comment puis-je répondre à ce besoin ?

Même si la première fois cela peut vous sembler contrariant de vous arrêter et de réfléchir au lieu de manger pour masquer ces émotions, à plus long terme vous en apprendrez beaucoup sur vous-même et votre façon de fonctionner.

Il est évident que lorsqu’on a passé de nombreuses années à utiliser la nourriture pour éviter de ressentir ses émotions, faire cet exercice peut être très perturbant. Mais,à force, vous apprendrez à répondre à vos besoins d’une façon plus juste et plus adaptée. Vous apprendrez ainsi à reconnaître vos émotions et à les accueillir au lieu d’essayer de les faire taire à tout prix !

J’espère que cet article vous a plu et surtout qu’il vous sera utile.

Et vous, où en êtes-vous dans votre parcours ? Êtes-vous en paix avec votre alimentation ?

Vous pouvez me répondre dans les commentaires. Je les lis tous.

A bientôt,

Caroline

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